﷽
L’Imam Ibn Rajab Al-Ḥanbalī رحمه الله a dit : « Quant aux imams et aux juristes parmi les savants du hadith, ils suivent le hadith authentique où qu’il soit, à partir du moment où celui-ci a été appliqué par les compagnons et ceux après eux, ou par un groupe d’entre eux. En revanche, ce qu’ils se sont accordés à délaisser, il n’est pas permis de le mettre en pratique. Étant donné qu’ils ne l’ont délaissé qu’en sachant qu’il n’est pas mis en pratique. »(1)
Shaykh Muḥammad ʿUmar Bāzmūl حفظه الله dit à ce sujet : « L’authenticité d’un hadith n’engendre pas nécessairement une Sunna à mettre en pratique. Puisque le hadith peut être abrogé ; général ayant été accompagné de ce qui vient le particulariser ; absolu ayant été accompagné de ce qui vient le restreindre ; ou il peut y avoir des indices qui viennent lui apporter un autre sens que celui que ses termes expriment. Ainsi, la Sunna est le hadith mis en pratique. Alors que certains imaginent que chaque hadith authentique est une Sunna. De plus, la faiblesse d’un hadith ne mène pas forcément à ce que celui-ci ne soit pas une Sunna. Il est possible que son sens ait été confirmé par d’autres choses, telles que : sa mise en pratique. »(2)
Aussi, parmi les exemples les plus connus à ce sujet il y a le hadith dans lequel le Prophète ﷺ aurait dit : « Certes, l’eau est pure et rien ne saurait la souiller, sauf si son odeur, son goût, ou sa couleur sont modifiés [par une impureté]. »(3)
En effet, ce hadith a unanimement(4) été qualifié de « faible » par les savants du hadith(5), car dans sa chaîne de transmission il y a le rapporteur Rishdīn ibn Saʿd qui est considéré de « très faible » par les imams du jarḥ wa taʿdīl.(6)
Néanmoins, malgré la faiblesse de ce hadith, les savants l’ont unanimement mis en pratique et dit que son sens est bon.
L’Imam Ibn Al-Mundhir رحمه الله a dit : « Les savants sont unanimes pour dire que si une impureté tombe dans de l’eau en petite ou en grande quantité, et modifie le goût de l’eau, son odeur ou sa couleur, celle-ci sera alors impure tant qu’elle restera ainsi. »(7)
De ce fait, il ne faut pas s’empresser de conclure une Sunna prophétique de tout hadith, quand bien même celui-ci serait authentique. Il faut pour cela s’assurer que celui-ci est mis en pratique, en retournant aux savants [anciens et contemporains].
Puisse Allah nous accorder la connaissance, le suivi et la pratique de la Sunna authentique de notre Prophète Muḥammad ﷺ, et de nous accorder de faire partie de ceux à propos desquels le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui montre un bien a la même récompense que celui qui l’a fait. »(8)
Écrit par l’humble serviteur espérant le pardon de son Seigneur :
ʿĀdil Al-Ṣiqilī

1 : « Faḍl ʿIlm al-Salaf ʿalā al-Khalaf » (p. 14)
2 : https://www.facebook.com/mohammadbazmool/photos/a.701170623334760/3278026748982455/?type=3&theater
3 : Rapporté par Ibn Mājah (n° 521), Al-Ṭabarānī dans « Al-Awsaṭ » (n° 744) et dans « Tahdhīb al-Āthār » (n° 1076–1077), Ad-Dāraquṭnī (n° 47), Al-Bayhaqī (v. 1, p. 259) et Ibn Al-Jawzī dans « Al-Taḥqīq » (n° 14)
4 : L’Imam Al-Nawawī رحمه الله a dit : « Les savants du hadith sont tous tombés d’accord sur sa faiblesse. » [« Al-Taʿlīq al-Mughnī ʿalā Sunan Ad-Dāraquṭnī » (p. 47)]
5 : « Al-ʿIlal » d’Ibn Abī Ḥātim (v. 1, p. 547, n° 97) ; « Al-Badr al-Munīr » (v. 1, p. 401) ; « Al-Sunan al-Kubrā » (v. 1, p. 259)
6 : « Mīzān al-Iʿtidāl » (v. 1, p. 49) ; « Al-Ḍuʿafāʾ wa al-Matrūkūn » (v. 1, p. 284)
7 : « Al-Ijmāʿ » (p. 33)
8 : Muslim (n° 1944)